Des explorations sous-marines ont été menées en septembre 2026 au lac du Bourget. À bord d'un submersible de l'ONG Odysseus 3.1, Pierre Sabatier, enseignant-chercheur au laboratoire EDYTEM de l'USMB, a participé à cette mission scientifique. L'objectif principal est de mieux comprendre les phénomènes géologiques susceptibles de déclencher des tsunamis lacustres et d'analyser les sédiments pour y trouver des traces d'événements passés.
Deux zones spécifiques du lac ont été ciblées. La première est liée à un glissement sous-marin survenu en 1822, qui avait provoqué un tsunami dans le lac. Les chercheurs souhaitent observer la cicatrice de ce glissement et les dépôts associés. La seconde zone présente des cratères d'environ 10 à 15 mètres de diamètre, interprétés comme des structures liées à des remontées de fluides. L'analyse des sédiments suggère une zone de faiblesse datant d'environ 12 000 ans, qui pourrait être déstabilisée par un séisme.
Cette recherche mobilise plusieurs équipes et laboratoires. Au sein de l'USMB, des ingénieurs d'études du laboratoire EDYTEM analysent les données, tandis que l'Institut des Sciences de la Terre (ISTerre) fournit un géophone pour écouter les bulles de gaz. Le Laboratoire de Mathématiques (LAMA) contribue à la modélisation numérique des glissements et tsunamis. Des chercheurs de l'Institut des Géosciences de l'Environnement (IGE) de l'UGA participent également à l'analyse des gaz.
Les tsunamis lacustres, bien que rares, peuvent être causés par des glissements de terrain sous-marins, des séismes ou des éboulements. Un exemple documenté est celui du lac Léman en 563, causé par un écroulement rocheux, qui avait généré des vagues de 8 mètres à Genève. Le tsunami du lac du Bourget en 1822, avec des vagues de 3,50 mètres, a également provoqué une oscillation du lac pendant quatre jours.
Ces données historiques et géologiques permettent de calibrer des modèles numériques pour simuler des scénarios de glissements et de tsunamis, afin de mieux évaluer les risques futurs. Ces recherches sont filmées pour un documentaire de Pascal Guérin sur les tsunamis lacustres dans les Alpes, qui inclura des tournages en Suisse, en Italie et au Canada.




