Plutôt que de modifier durablement le lit d'un cours d'eau, cette approche vise à lui permettre d'évoluer naturellement. L'utilisation de bois mort, de branchages et de souches, ou d'ouvrages inspirés des barrages de castors, permet de créer de la rugosité, de diversifier les écoulements et de favoriser le dépôt de sédiments. Les bénéfices incluent des habitats plus variés pour la biodiversité, des sols mieux réhydratés et une meilleure capacité de rétention d'eau, particulièrement utile lors des périodes d'étiage. Ces techniques privilégient les matériaux disponibles sur place et limitent le recours aux engins lourds.
Cette approche innovante, encore peu répandue, a déjà été expérimentée sur le cours d'eau du Pralong. Sur une section de 600 mètres, 80 ouvrages « Low Tech » ont été aménagés pour restaurer ce cours d'eau fortement contraint et dégradé. Une nouvelle opération est envisagée sur le ruisseau du Mont, à Marols, en collaboration avec le Département de la Loire, avec un chantier prévu en juin 2027. Le site servira également de support aux échanges dans le cadre de la cellule ASTER, qui soutient les maîtres d'ouvrage dans leurs projets de restauration des milieux aquatiques.
Cette nouvelle méthode de restauration des rivières ne peut toutefois être appliquée partout. Dans les secteurs présentant de forts enjeux d'inondation, notamment à proximité des zones urbanisées, la gestion de la végétation et des embâcles doit rester adaptée à la protection des personnes et des biens. L'enjeu est donc de trouver un équilibre : laisser davantage de liberté aux cours d'eau là où cela est possible, pour redonner aux sols leurs propriétés d'éponge naturelle et contribuer à la réduction des risques d'inondation et de sécheresse.




