Dans le cadre de sa série « Les trésors de Lyon 1 Université ‒ récits de collections », l'université met en avant l'appareil de Gaugain, un objet remarquable du département de Physique. Cet instrument, datant du XIXe siècle, permettait de visualiser des phénomènes électriques invisibles et constitue une pièce clé pour comprendre l'histoire des concepts fondamentaux de cette discipline.
La collection de Physique de Lyon 1, conservée depuis le XIXe siècle et enrichie par des dons, comprend de nombreux appareils rares destinés à la recherche ou à l'enseignement. Ces instruments servaient à réaliser des mesures dans divers domaines de la physique (électricité, mécanique, optique) ainsi que dans d'autres sciences comme la physiologie ou la minéralogie.
L'appareil de Gaugain, conçu en laiton, bois et verre (45 cm de haut, 1 mètre de long), met en présence deux électrodes. L'application d'une tension électrique crée un arc électrique, plus facilement dans un sens que dans l'autre, illustrant ainsi l'influence de la géométrie des conducteurs sur ce phénomène. Il servait aux enseignants pour concrétiser des concepts abstraits pour les élèves.
Nommé d'après le physicien Jean-Mothée Gaugain (1810-1880), cet appareil témoigne de l'étude expérimentale de l'électricité à une époque où la physique se développait comme science théorique et pratique. Il illustre la théorie de l'électricité « à deux fluides » du milieu du XIXe siècle, avant la découverte de l'électron, et est lié à l'effet de pointe connu depuis Benjamin Franklin.
Acquis en 1893 pour 40 francs auprès d'un revendeur d'instruments anciens, l'appareil est mentionné dans le registre du département de Physique sous la dénomination « appareil à arc ». Son rôle dans l'acquisition par Georges Gouy, alors responsable de la chaire de physique, reste inconnu.
Cette pièce rare, dont aucune autre conservation n'est connue, offre l'occasion de redécouvrir le physicien Jean-Mothée Gaugain, dont les travaux étaient reconnus par James Clerk Maxwell et qui contribua à la diffusion en France de la loi d'Ohm.




