Pour la première fois, la recherche menée par le Laboratoire hypoxie et physiopathologies cardiovasculaires et respiratoires (HP2) de l'UGA se concentre sur la population féminine de La Rinconada, la ville la plus haute du monde. Jusqu'à présent, les études menées depuis 2018 par l'équipe grenobloise n'avaient pas inclus de femmes adultes, en raison de difficultés d'accès aux volontaires et de la complexité liée aux variations hormonales.
L'hypothèse scientifique est que les hormones féminines pourraient offrir une meilleure protection contre le mal chronique des montagnes, caractérisé par une production excessive de globules rouges due au manque d'oxygène. Les observations préliminaires suggèrent que les femmes seraient moins touchées par ce syndrome.
Le défi logistique est considérable : l'équipe a mis en place un véritable laboratoire de physiologie humaine dans un dispensaire de La Rinconada. Plusieurs centaines de kilos de matériel de pointe, incluant échographes, appareils de biologie sanguine et enregistreurs de sommeil, ont été acheminés depuis Grenoble. Le protocole comparera 120 volontaires, dont 80 femmes, répartis en quatre groupes pour étudier les effets du sexe et de l'âge.
Cette recherche, soutenue par la Fondation UGA, vise non seulement à améliorer la santé locale en fournissant des repères cliniques aux soignants péruviens, mais aussi à faire progresser la santé publique globale. Les données collectées pourraient aider à mieux comprendre la réponse à l'hypoxie chez les patients souffrant de pathologies respiratoires chroniques ou d'apnée du sommeil en France, ouvrant la voie à une médecine plus personnalisée.




