Le Plan Local d’Urbanisme (PLU) de La Roche-sur-Foron évolue pour mieux maîtriser son développement. Ce document essentiel définit les règles de construction sur le territoire communal, déterminant les zones constructibles, les types de bâtis autorisés (logements, commerces, équipements publics), les hauteurs maximales et les espaces à préserver (naturels, agricoles, végétalisés). La modification vise à réduire l'artificialisation des sols, décaler certains grands projets, intégrer davantage de logements abordables et renforcer les exigences environnementales.
Lancée fin 2024, la modification du PLU a fait l'objet d'une enquête publique en février 2026, recueillant les avis des habitants et des organismes partenaires. La nouvelle équipe municipale a ensuite retravaillé le projet autour de quatre orientations principales.
Premièrement, la préservation des terres naturelles et agricoles est renforcée : 10 hectares ne seront plus ouverts à la construction immédiate, soit l'équivalent de quinze terrains de football. Cette mesure s'inscrit dans le cadre de la loi Climat et Résilience, qui impose une réduction de moitié de la consommation de ces terres entre 2021 et 2031, dans l'objectif national de « zéro artificialisation nette » (ZAN) d'ici 2050. La commune, qui avait consommé 16,62 hectares entre 2011 et 2021, doit limiter sa consommation à 8,31 hectares sur la période 2021-2031. Après avoir déjà consommé 2,66 hectares entre 2021 et 2023, il lui reste 5,65 hectares pour la période 2024-2031. L'ancien PLU autorisait l'urbanisation de 14 hectares, la modification en retire donc 10 de l'urbanisation immédiate. Les secteurs restant constructibles représentent 4,08 hectares, incluant Goutette Follieuse (1,3 ha), Goutette Collège (1,8 ha, destiné à un équipement public), Broys en Falot (0,4 ha) et Broys Ouest (0,58 ha). Le PLU autorise également les résidences démontables et habitats légers.
Deuxièmement, de grands projets immobiliers sont mis en pause. Alors que 13 permis de construire pour plus de 700 logements ont été déposés ces trois dernières années, la modification du PLU repousse la construction sur deux secteurs potentiellement constructibles : le secteur « Tex » (environ 600 logements) est classé en « zone d’urbanisation future », et le secteur « Goutette Sud » (environ 160 logements) ne pourra voir de permis déposé avant 2031. L'objectif est de laisser à la commune le temps d'anticiper l'arrivée de nouveaux habitants et leurs besoins en crèches, soins, équipements publics et transports.
Troisièmement, la part des logements abordables augmente dans les futures opérations immobilières : de 35 % à 40 % en moyenne dans les secteurs encadrés (OAP), et de 25 % à 35 % dans le reste de la commune. L'achat via le Bail Réel Solidaire (BRS) sera privilégié, permettant une baisse du prix d'achat d'environ 30 %. Par exemple, pour un projet de 50 logements, 20 seraient sociaux (15 en location, 5 en BRS). Des plafonds de ressources s'appliquent, avec un revenu annuel maximal de 30 424 € pour une personne seule éligible à un logement locatif social, et 38 844 € pour un logement en accession sociale (BRS).
Enfin, la transformation des quartiers existants est mieux encadrée avec la création de deux nouveaux secteurs de projet : rue Vaulet et rue du Buisson. L'idée est de privilégier la rénovation et la reconstruction de la ville sur elle-même.
Plusieurs règles évoluent pour les nouvelles constructions : la part d'espaces verts augmente dans les zones urbaines Ua, Ub et Uc, avec une exigence de 60 % d'un seul tenant. Les places de stationnement extérieures devront utiliser des matériaux perméables, sauf pour les PMR. Les parkings enterrés ou intégrés ne pourront pas être fermés. Des espaces sécurisés pour les vélos, d'au moins 1,5 m² par emplacement, seront obligatoires. Les règles concernant les clôtures, la taille des constructions et la gestion des eaux de pluie ont également été clarifiées.
En résumé, cette modification du PLU vise à trouver un équilibre entre le besoin de se loger, la préservation des terres, l'accueil de nouveaux habitants et le maintien des services publics. Pour toute question, le service Urbanisme de la mairie reste à disposition.




